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Saint Martin de Tours

316
-
397

Il est né en Pannonie, l'actuelle Hongrie, sur les frontières de l'empire romain où son père était en garnison. A 15 ans, il est soldat car la loi romaine obligeait les fils de soldats à s'enrôler dans l'armée. Il est muté en Gaule et c'est là, qu'à Amiens, il rencontre le pauvre grelottant à qui il donne son manteau (*) et dont il apprend durant la nuit que c'est le Christ qui lui a fait cette demande. Il hésitait à devenir chrétien, il s'y décide enfin. Il quitte l'armée pour rejoindre saint Hilaire à Poitiers. Avec lui, il fonde le premier monastère des Gaules, à Ligugé, en Poitou. C'est là qu'il sera enlevé par les habitants de Tours qui en font leur évêque. Mais l'ancien soldat devenu chrétien ne s'enfermera pas dans sa cité. Il évangélisera parcourant les campagnes jusqu'à sa mort, à Candes, sur les bords de Loire, disant: "Seigneur, s'il le faut, garde-moi en vie, car je ne refuse pas le labeur."
En France, près de 500 localités et bourgades portent son nom.
Les Églises d'Orient l'appellent aussi "saint Martin le Miséricordieux".
Moine-évêque missionnaire, Apôtre de la Gaule, Saint Martin est le premier saint à être vénéré sans avoir subi le martyre.


Saint Martin de Tours a connu :
Saint Paulin de Nole
(353) - (431)



Pour le 1700 de sa naissance en 2016, Bruno JUDIC, professeur d’histoire du Moyen Âge à l’Université de Tours, nous présente sa vie.

Qui était saint Martin ?

Ce nom semble tellement connu, trop connu sans doute. Certes il y a plusieurs saints portant le nom de Martin mais un seul est vraiment très connu et tous les autres lui doivent leur nom. Cet unique saint Martin n’est pas un personnage légendaire mais a réellement vécu au IVe siècle de notre ère. Sulpice Sévère, un riche avocat bordelais devenu adepte de l’ascétisme chrétien à la fin du IVe siècle, admirateur de Martin, décida de raconter sa vie, ou plutôt de faire l’éloge de sa sainteté. Ce qu’on appelle la vie de saint Martin, le texte fondamental qui nous permet de connaître Martin, n’est pas exactement une biographie mais, sous l’apparence d’un récit vif, concret et enthousiaste, c’est la démonstration des vertus d’un homme aspirant vers le Christ et habité par lui.
Sulpice Sévère vivait et écrivait du côté de Carcassonne mais il est venu jusqu’à Tours pour rencontrer Martin, sans doute vers 395, vers la fin de la vie de celui qui était évêque de Tours. Martin était né en Pannonie, à Savaria, aujourd’hui Szombathely en Hongrie. Il fut élevé à Pavie en Italie du Nord. Son père, officier dans l’armée romaine, l’enrôla comme soldat et Martin servit dans la cavalerie impériale. Martin eut très tôt la volonté de devenir chrétien et de vivre une vie totalement consacrée à Dieu. Alors qu’il était en garnison à Amiens, en Gaule, un jour d’hiver glacial, un mendiant nu implora son secours. Martin, n’ayant plus d’argent sur lui, coupa son manteau en deux et en donna une moitié au mendiant. La nuit suivante, Martin vit en songe le Christ revêtu de la moitié de manteau donné au pauvre. Dès lors Martin est baptisé et va quitter l’armée.
A cette époque, l’évêque de Poitiers Saint Hilaire de Poitiers avait une grande réputation de défenseur de la foi trinitaire. Martin le rejoint mais décline la fonction de diacre et repart vers l’Illyrie pour tenter de convertir ses parents – il obtient le baptême de sa mère – et combattre les ariens, chrétiens opposés à la Trinité. Après un long voyage, passant par Milan et Rome, Martin revient à Poitiers et Hilaire encourage son installation dans un ermitage à Ligugé où il attire des disciples. La réputation de Martin, faiseur de miracles, se répand et les tourangeaux, en quête d’un évêque, viennent le solliciter. Par ruse, ils parviennent à le faire venir à Tours et à l’élire évêque malgré l’hostilité de certains évêques voisins. Martin prend à cœur sa nouvelle fonction mais veut aussi rester moine et fonde, à proximité de Tours, le monastère de Marmoutier.
Martin ne limite pas son action pastorale au seul diocèse de Tours. Il voyage à travers la Gaule, lutte contre le paganisme par des actes spectaculaires mais surtout par des gestes de miséricorde : chasser les démons, guérir les malades ; guérisons miraculeuses qui jalonnent ses déplacements et que Sulpice Sévère décrit parfois sans les situer parfois en mentionnant précisément le lieu. A Trèves, une capitale impériale où Martin est venu plusieurs fois pour rencontrer l’empereur, il guérit une jeune fille paralysée. A Paris il guérit un lépreux par un baiser, à l’endroit où la tradition fixa ensuite la puissante abbaye de Saint-Martin des Champs. Mais il parcourait aussi les campagnes, autour de Chartres, de Sens, d’Autun, de Bourges, et gagnait les paysans au christianisme.
Dans une lettre ajoutée à la Vie, Sulpice Sévère décrit la mort de Martin. Malgré son âge et sa fatigue, il se rendit à Candes, une paroisse qu’il avait fondée à la confluence de la Loire et de la Vienne. Il voulait apaiser une querelle entre les clercs de l’endroit. Il y réussit et mourut pieusement dans ce village. On rapporta sa dépouille à Tours au milieu de toute la foule des tourangeaux, citadins et paysans, et plus encore près de deux mille moines accourus de partout participèrent à ce deuil universel. Il fut inhumé dans un cimetière à l’ouest de la cité gallo-romaine.
Son successeur, l’évêque Brice, disciple récalcitrant, finit par honorer le tombeau d’un petit édifice, bien vite insuffisant pour les nombreux pèlerins. Entre 460 et 480, l’évêque Perpetuus fit construire une grande et magnifique basilique, qui devait être une des plus somptueuses de la Gaule et qui marquait avec éclat l’essor du culte de saint Martin. Enfin au VIe siècle, l’évêque de Tours Grégoire développa efficacement la mémoire de Martin. Il fit le récit des nouveaux miracles survenus sur le tombeau. Mais c’est aussi Grégoire de Tours qui, grâce aux archives de son Eglise, nous donne les dates essentielles de la vie de Martin, évêque de Tours en 371 et mort en 397, dates que Sulpice Sévère n’avait pas jugé utile d’enregistrer.
Les indications de Sulpice Sévère sont insuffisantes et apparemment contradictoires pour connaître précisément l’année de naissance de Martin. La tradition issue de Grégoire de Tours fait mourir Martin à l’âge de quatre-vingt-un ans. La date de 316 a donc une grande valeur et mérite d’être commémorée même si la recherche historique reste ouverte sur ce sujet.
L’essor très rapide du culte de saint Martin aux Ve et VIe siècles se manifeste dans toute l’Europe, de l’Italie à l’Angleterre, de la péninsule ibérique au cœur de la Germanie. Les dédicaces à saint Martin sont extrêmement nombreuses partout en Europe et correspondent tantôt à l’affermissement de la foi trinitaire, tantôt à la christianisation des campagnes, tantôt à la première conversion au christianisme dans les pays qui n’avaient pas fait partie de l’empire romain, tantôt encore au développement du monachisme. Et toutes ces raisons peuvent s’additionner dans la dévotion à Martin. Charlemagne fit construire la Chapelle à Aix pour conserver la chape de saint Martin et les rois de France à partir du Xe siècle furent les abbés de la basilique tourangelle. Martin français par excellence ? Mais il est aussi un saint « national » en Allemagne ou en Hongrie. Enfin les missions chrétiennes dans le monde l’ont porté sur tous les continents, par exemple en Amérique latine ou aux Philippines.
« Saint Martin 2016 » est un rendez-vous avec l’histoire des origines chrétiennes en Europe et dans le monde, un rendez-vous avec l’actualité de la présence du Christ dans les gestes de Martin.

Bruno JUDIC, professeur d’histoire du Moyen Âge à l’Université de Tours

http://saintmartin2016.com/presentation-de-saint-martin/

Les grandes dates de la vie de Saint Martin

336 (ou 316)
Naissance de Martin à Sabaria en Pannonie ( Aujourd’hui Szombathely en Hongrie).

vers 341 ( ou 321)
Enfance de Martin à Pavie en Italie où son père tribun de l’armée romaine est en garnison.

vers 346 ( ou 326)
Conversion de Martin qui demande à devenir catéchumène.

351 ( ou 331)
Martin est enrôlé de force dans l’armée romaine. Il servira dans la cavalerie de la garde sous l’empereur Constance, puis sous César Julien.

353
Martin partage son manteau et donne la moitié à un pauvre d’Amiens. Jésus lui apparaît en songe la nuit même revêtu de son manteau.

354
Martin reçoit le baptême.

Eté 356
Martin obtient son congé de l’armée à Worms .

Automne 356
Martin devient disciple d’Hilaire de Poitiers, lesquels est bientôt contraint à l’exil en Phrygie.

357
Martin retourne en Pannonie pour amener à ses parents la bonne nouvelle du salut. Seule sa mère se convertit. Il évangélise l’Illyrie en combattant l’hérésie ancienne.

358
Martin vit dans un ermitage aux portes de Milan. Il en est chassé par Auxence, l’évêque arien. de la cité et s’installe sur l’île de Gallinara sur la côte ligure.

Printemps 360
Martin quitte Gallinara pour Rome où est passé Hilaire libéré de son exil.

361
Martin retrouve Hilaire à Poitiers. Il est ordonnée diacre puis prêtre. Il se retire à Ligugé qui devient en peu d’années le premier monastère d’occident. Martin, thaumaturge, accomplit des miracles, il ressuscite notamment un jeune frère catéchumène.

367
Mort de Saint Hilaire, Martin refuse de lui succéder comme évêque de Poitiers.

fin juin 371
Subterfuge du tourangeau Rusticius pour attirer Martin à Tours

4 juillet 371
Ordination épiscopale de Martin, il devient le 3ème évêque de Tours (fête dite de la Saint-Martin d’été)

372
Martin se retire à Marmoutier sur la rive droite de la loire. Un grand nombre de frères l’y rejoignent et l’ermitage devient un monastère.

372-375
Fondation des 6 premières paroisses : Langeais, Saunay, Amboise, Ciran,Tournon et Candes. Martin évangélise les campagnes, détruisant les temples païens et construisant des églises à leurs place.

Charité de Martin envers un pauvre de Tours, le miracle dit du globe de feu

Voyage à Trèves auprès de l’empereur Valentinien premier.

Martin accompli plusieurs miracles dans cette ville , dont la guérison d’une jeune fille paralytique.

380
Martin participe au synode des évêques à Vienne en aval de Lyon, il y guérit les yeux de Paulin de Nole.

384
Martin prend part au concile de Bordeaux. L’hérétique Priscillien est exécuté malgré l’intervention de Martin.

385
Voyage à Trèves auprès de l’usurpateur Maxime.

386
Martin retourne à Trèves auprès de Maxime, il obtient la grâce des priscillianistes.

387
Martin exorcise Avitien, le Comte de Tours.

8 novembre 397
Mort de Saint Martin à Candes.

11 novembre 397
Funérailles de Saint Martin à Tours.

http://basiliquesaintmartin.fr/Les-Grandes-dates-de-la-vie-de-St

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