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Priscillien exécuté comme hérétique

385

Priscillien, mort à Trèves en 385, est un évêque d'Avila, et le premier chrétien condamné à mort et exécuté par une autorité chrétienne pour hérésie, sous pression de l'empereur Maxime. Le priscillianisme est une des premières hérésies condamnées par la jeune Église de Rome. Certains la rapprochent de celle des pauliciens.

Priscillien est condamné une première fois au concile de Saragosse, le 4 octobre 380. Deux évêques, Ithace, évêque d’Ossonuba, et Hydace, évêque de Mérida, en émettant une suite d'accusations au caractère sans doute en partie calomnieux (magie noire, débauches...), demandent à l’empereur Gratien de sévir, ce qui constitue une première intervention du pouvoir séculier dans les affaires de l’Église. Priscillien et ses disciples sont exilés ; ils se rendent à Rome pour obtenir une grâce du pape Damase Ier, qui la refuse. Un fonctionnaire impérial les dispense de leur exil par un rescrit. Priscillien revient triomphalement en Espagne fin 382.
Hydace fuit alors l’Espagne, et va trouver le nouvel empereur Maxime, d’origine espagnole, à Trèves. Celui-ci convoque Priscillien devant un concile à Bordeaux, mais l’évêque préfère être jugé par un tribunal séculier à Trèves. Il est néanmoins condamné avec ses disciples (sept peines capitales et plusieurs condamnations à l’exil sont prononcées) et Euchrétia, femme qui l’aurait accueilli avec trop d’empressement à Bordeaux.
Saint Ambroise de Milan refuse d’aider la secte en 382, lorsque Priscillien passe à Milan, en route pour Rome. Saint Martin de Tours est présent à Trèves lorsque Hydace et Ithace demandent à Maxime la condamnation de Priscillien. Celui-ci est condamné (pour motifs civils) au chef de magie. Rejoint par Ambroise de Milan (délégué par le jeune empereur Valentinien II), saint Martin de Tours demande la grâce de vie pour Priscillien. Ambroise renonce, menacé de mort par l’empereur ; Martin obtient que les disciples de Priscillien ne soient pas poursuivis. Le pape Sirice s’éleva contre les procédés de Maxime.
Par la suite, Martin de Tours refusa toujours de participer aux assemblées épiscopales, ce qui, avec ses efforts pour sauver de la mort Priscillien, le fit suspecter d’hérésie. L’empereur Théodose Ier déclara nulles les décisions de Maxime dans cette affaire ; Ithace est déposé quelques années plus tard, et Hydace démissionne de sa charge de lui-même.
Un certain nombre d'évêques priscillianistes font leur soumission au Ier concile de Tolède (400) ; la doctrine est une nouvelle fois condamnée en 563 au Ier concile de Braga. Son déterminisme astrologique est encore évoqué dans une homélie du pape Grégoire le Grand, après 600.