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Sainte Colette de Corbie

13 Janvier 1381
-
06 Mars 1447

À Gand en Flandre, l’an 1449, sainte Colette Boylet, vierge, qui mena pendant trois ans une vie très austère, recluse dans une maisonnette attenant à l’église de Corbie, puis, admise à la profession de la Règle de sainte Claire, elle réforma un grand nombre de monastères de Clarisses selon la manière de vivre primitive, en y introduisant surtout l’esprit de pauvreté et de pénitence.

Martyrologe romain

Elle est née à Corbie, en Picardie. Ses parents se désolaient de ne pas avoir d'enfants. Ils prièrent Saint Nicolas de Myre. Lorsqu'ils reçurent cette petite fille, ils lui donnèrent le nom du saint protecteur: Nicole, devenu aussi, en diminutif familier Colette.
Orpheline à 18 ans, elle obtint du Père Abbé d'un monastère voisin, la possibilité d'entrer chez les béguines d'Amiens malgré son âge. Elle n'y reste qu'un an jugeant leur vie trop douce. Même déception chez les bénédictines, puis chez les clarisses.
Son père spirituel est franciscain et comprend son désir d'austérité. Il la fait entrer dans le Tiers-Ordre de Saint François comme recluse à Corbie. Mais elle se sent appelée à plus de pauvreté encore et, pour cela, elle veut réformer le Second Ordre de Saint François d'Assise, les clarisses. C'est pourquoi elle obtient de rencontrer le pape Benoît XIII qui réside alors en Avignon (note d'un internaute: "C'est à Nice que Colette rencontra le pape Benoît XIII. Le Monastère de Cimiez en garde le souvenir"). Ce pape n'était qu'un anti-pape du Grand Schisme qui déchirait alors l'Occident. Mais son sens spirituel était réel et profond. Il reçoit la profession religieuse de sainte Colette dans la règle de Sainte Claire d'Assise et la nomme abbesse de tous les monastères qu'elle sera amenée à fonder ou réformer.
Cette décision sera confirmée par Alexandre V, le pape de Rome.
Colette vient alors en Franche-Comté et réforme en premier lieu le monastère de Besançon puis bien d'autres en Savoie, Artois, Allemagne et Belgique.
Elle mourra à Gand et son corps sera, par la suite, transporté à Poligny dans le Jura.
( Nominis )

Corbie est un petit village de Picardie. Le 13 janvier 1381, une petite fille aux grands yeux pleins de lumière naît dans le foyer de Robert et
Marguerite. En remerciement à saint Nicolas qu’ils ont beaucoup prié, les parents baptisent le bébé Nicole. Cela devient vite Nicolette puis Colette tout simplement !
En grandissant, Colette, de caractère gai et généreux, désire devenir moniale. Mais la règle des monastères
lui semble trop adoucie. La pauvreté de saint François d’Assise est oubliée ! Elle choisit de vivre en recluse pendant trois ans, ce qui la fortifie dans son désir de suivre Jésus. Audacieuse, elle va se jeter aux pieds du pape qui se trouve en France à ce moment-là. Ce dernier, ému de tant de courage, la revêt de l’habit des Clarisses et l’autorise à tenter une réforme des monastères franciscains devenus trop riches. Avec le soutien du duc de Bourgogne, Colette s’installe à Poligny en Franche-Comté et dirige la construction d’un couvent qu’elle veut beau mais sobre. Elle rencontre le dominicain saint Vincent Ferrier et, à eux deux, ils décident d’agir pour l’unité de l’Église mise à mal. En effet, trois papes rivaux se disputent le pouvoir. Colette, elle, parle de paix et d’humilité. Certains abbés la détestent. Ils ne veulent pas de sa réforme de pauvreté. L’un d’eux surtout est très vindicatif. Colette en souffre et prie. Son humilité ainsi que son habileté diplomatique finissent par porter leurs fruits. Tout s’apaise autour d’elle. Elle part fonder un nouveau monastère près de Narbonne, puis ce sera Le Puy-en-Velay, Heidelberg dans le Palatinat, Orbe en Suisse, Hesdin. Sa dernière fondation se trouve à Gand en Belgique.
Infatigable, toujours sur les routes dans son chariot brinquebalant tiré par des mules, entourée de quelques moniales,Colette accueille tous ceux qui viennent à elle. Elle lit dans les cœurs et le nombre de ses conversions ne se compte plus. Ferveur et joie sont ses maîtres mots. Elle n’a pas son pareil pour
raviver la piété dans les cœurs. Elle sait que les ordres religieux infidèles à leur règle courent le risque de se dissoudre. Et, avec eux, la foi disparaît. Alors, courageusement, elle ne cesse d’aller par les chemins, véritable marcheuse de Dieu, pour ranimer partout où elle passe, la foi, l’espérance et la charité.
Quand elle sent sa fin approcher, elle déclare à ses sœurs : « Je ne vous oublierai pas. Je prierai Dieu sans cesse pour vous. Ne pleurez pas. Nous nous retrouverons dans le cœur de Dieu. » Elle meurt à Gand le 6 mars 1447. L’Église la proclame sainte en 1807. Ses restes se trouvent dans la chapelle
de Poligny où elle avait promis de revenir. Se trouvant à Moulins en 1429, après la victoire d’Orléans, en même temps que Jeanne d’Arc, l’a-t-elle rencontrée ? On ne le sait pas. Colette, prudente, ne s’est jamais mêlée des affaires politiques.
Soutenue par le duc de Bourgogne grâce à sa femme la duchesse Blanche de Savoie dont elle est l’amie, Colette aurait pu passer pour une espionne des Anglais ; il n’en fut rien. Mais on sait qu’elle fut surveillée par les fidèles de Charles VII.
Elle ne pourra pas, non plus, retourner à Corbie. L’abbé et les moines de la toute puissante abbaye bénédictine de Corbie ne veulent pas des pauvres clarisses. Nul n’est prophète en son pays ! •

Mauricette Vial-Andru pour le magazine Zélie n°18

1807
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