Vous êtes ici

Mouvement d'Oxford

1833
-
1845

Les partisans de ce mouvement étaient pour la plupart des membres de l’Université d’Oxford, qui cherchèrent principalement à démontrer la place de l’Église anglicane dans la succession apostolique.
Dans le cadre de la Reform Bill, le gouvernement britannique décida de supprimer 10 sièges au Parlement qui étaient dévolus à l’Église anglicane, et plusieurs diocèses anglicans. Certains envisageaient par ailleurs de réformer la liturgie.
Face à cette réforme John Keble, dans un prêche célèbre, le 14 juillet 1833, critiqua l’« apostasie nationale », la mainmise de l’État sur la vie de l’Église anglicane et appela alors l’Église anglicane à réaliser sa mission et se réveiller.
Ce prêche de John Keble conduisit certains professeurs et membres d’Oxford à vouloir agir afin de développer un mouvement de renouveau de l’anglicanisme. Le 25 juillet, une conférence sur la défense de l’Église fut organisée en présence de William Palmer, Froude et Perceval, mais la réunion échoua.
Bienheureux Cardinal Newman, fortement influencé par le sermon prononcé par John Keble, décida alors avec de diffuser des tracts où il défendait sa conception de l’anglicanisme. Il critiquait la sécularisation croissante de l’Église d’Angleterre. Les autres personnalités éminentes du Mouvement d’Oxford étaient l’archidiacre Henry Edward Manning, Richard Hurrell Froude, Robert Wilberforce et William Palmer.
En 1841, dans le quatre-vingt-dixième Tract, Newman affirma que les doctrines de l’Église catholique romaine, telles que le concile de Trente les avait définies, étaient compatibles avec les Trente-neuf articles, fondateurs de l’Église anglicane au xvie siècle. Dominique Barberi, religieux passioniste italien, envoya une lettre à Newman et ses amis. Le 25 juillet 1841, Georges Spencer informait Barberi que sa lettre avait fait l’objet d’une lecture très attentive de la part des membres du groupe d’Oxford.
Progressivement le mouvement d’Oxford devint un mouvement de plus en plus favorable au catholicisme, et de plus en plus critique vis-à-vis du protestantisme, critiquant la réforme et défendant de plus en plus les valeurs du catholicisme.
Finalement, le Mouvement d’Oxford se vida de sa substance lorsque Newman, entraîné plus loin qu’il ne l’avait prévu par ses propres arguments, se convertit au catholicisme en 1845, suivi par Manning en 1851. Newman confia qu’il choisit le P. Barberi pour le recevoir dans l’Église catholique, parce qu’il voyait en lui un catholique qui aimait les anglicans et qui vivait saintement.