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Concile de Mayence I

09 Juin 813

Le premier Concile de Mayence fut tenu en 813 le 9 de juin. Quatre Députés de l'Empereur Charlemagne s'y trouvèrent, avec trente évêques & vingt-cinq abbés, qui y firent cinquante-six canons

Conciles

.Les trois premiers traitent des trois vertus théologales, la foi, l'espérance et la charité. Le quatrième veut qu'on administre le baptême selon le rite romain, et qu'on ne le donne qu'à Pâque et à la Pentecôte, s'il n'y a nécessité.

Le sìxieme enjoint aux Évêques de prendre fous leur protection les orphelins injustement exhérédés par leurs parens.

Le huitième accorde aux Évêques la disposition des biens d'Église, et ordonne aux laïcs de leur obéir.

Le neuvième ordonne que les chanoines mangeront ensemble, et coucheront dans un même dortoir.

Le dixième prescrit aux clercs la règle des saints Pères, et principalement ce que dit saint Jérôme dans sa lettre à Népotien, et saint Isidore dans son livre des offices.

Le onzième porte que les moines vivront avec leur abbé, selon la règle de saint Benoît; et le douzième leur défend d'aller aux plaids fans la permission de l'Évêque, et de manger dehors sans la permission de leur abbé.

Le treizième ordonne aux abbesses de vivre avec leurs Religieuses conformément à la règle de saint Benoît; et si elles n'ont pas embrassé cette règle, il veut qu'elles vivent en chanoinesses dans une même maison. Les autres canons, jusqu'au vingt-deux, sont des reglements sur le même sujet.

Le vingt-deuxième s'oppose au vagabondage des clercs.

Le vingt-troisième veut qu'on laisse libres les clercs et les moines qu'on a tondus malgré eux, et défend de recevoir aucun esclave sans la volonté de leur Maître.

Le vingt-cinquième porte que les Évêques seront prêcher en leur place, quand ils ne le pourront faire eux-mêmes.

Le vingt-sixième défend aux prêtres d'entrer dans les monastères de religieuses, si ce n'est pour y célébrer la méfie.

Le vingt-huitième enjoint aux prêtres de porter toujours leur étole, pour marque de la dignité sacerdotale.

Le trentième défend aux laïcs d'exiger des présents des prêtres, pour leur donner leurs églises à desservir.

Le trente-cinquième veut qu'on excommunie les chrétiens qui n'observent pas le jeûne avec les autres.

Le trente-neuvième porte qu'on regardera les temples comme des asiles, dont il ne sera pas permis de tirer ceux qui s'y seront réfugiés pour les punir.

Le quarantième défend de tenir les plaids dans les églises ou dans les parvis, ou dans les maisons qui en dépendent.

Le quarante-unième défend d'ôter les dîmes des églises, pour les appliquer aux nouvelles chapelles qu'on fait bâtir.

Le quarante-deuxième ordonne que les bénéficiaires contribuent aux réparations de leurs églises.

Le quarante-troisième défend à un prêtre de chanter seul la messe.

Le quarante-septième ordonne aux parrains d'instruire ceux qu'ils ont tenus sur les fonds de baptême.

Le cinquante-unième défend la translation des reliques sans le consentement du prince Sc la permission de l'Évêque ou du synode.

Le cinquante-deuxième défend d'enterrer personne dans les églises, à l'exception des Évêques, des Abbés, des Prêtres, et des laïcs qui se seront distingués pat la sainteté de leur vie.

Le cinquante-cinquième défend de tenir ses propres parents sur les fonts, ou d'épouser sa filleule, ou sa commère, ou celle dont on a présenté le fils ou la fille à la confirmation -y Sc ordonne qu'on séparera ceux qui se trouveront avoir transgressé ces lois.

Le cinquante-sixième porre que celui qui aura péché avec sa filleule, ou épousé les deux soeurs, ne pourra à l'avenir se marier : la même peine est ordonnée contre une femme qui aura épousé les deux frères, ou qui aura épousé le père et le fils.

Charles-Louis Richard, Dictionnaire universel, dogmatique, canonique, historique, geographique et chronologique des sciences ecclésiastiques, tome troisieme, Paris, Jacques Rollin, 1760, p. 886-888